L'ÉVOLUTION DE L'ARMEMENT

DU MODÈLE 1777 AU CANON À BALLES

<= L'armée française de l'été 14


Armes d'épaules: Le fusil modèle 1777 équipant l'armée royale et transformé en l'an IX (1802) avait fait toutes les guerres de la révolution et de l'empire. En 1822 il est remplacé par un nouveau fusil à silex, le modèle 1822, d'un calibre de 17,48mm et toujours à canon lisse. A partir de 1841, les modèles 1822 sont transformés à percussion et sont ré-alésés à 18mm, ils prennent alors l'appellation de modèle 1822T. En 1860 la dernière modification consiste à rayer le canon, le fusil prenant l'appellation 1822Tbis. On reconnait les fusils du modèle 1822 au fait que le mécanisme de la platine est située à l'avant du chien, alors que dans les fusils ultérieurs il sera situé à l'arrière de celui-ci.

Fusil 1822Tbis:

Entre temps l'armée avait adopté sa première arme nativement à percussion de calibre 18mm, mais toujours à canon lisse, le fusil modèle 1842. Ce modèle est par la suite rayé et prend le nom de modèle 1842T, qui sera notamment utilisé lors de la campagne d'Italie en 1859. Par la suite ces fusils seront transformés en modèles 1857, puis parfois en modèle 1867 à tabatière. 

Fusil 1842T:

Fantassin de la campagne d'Italie:


En 1857 l'armée adopta un fusil à percussion nativement rayé, le modèle 1857 qui est le dernier fusil à percussion réglementaire. Le projectile est désormais oblong, un évidement à l'arrière permettant le forcement sous la pression des gaz . Il s'agit en fait d'un modèle 1853 remanié. Il sera remplacé par le système à tabatière en 1867, puis par le système chassepot.

Fusil 1857:

Caractéristiques des fusils d'infanterie de ligne

Fusils 1822T 1842 1853

On doit noter que le fusil d'infanterie était alors tenu en bien piètre estime. Il ressort des opinions de l'époque que seul le tir de peloton sur trois rang est efficace, ce qui bannit toute initiative individuelle en la matière. En effet dans les canons lisses, le vent, différence entre le diamètre de la balle et celui du canon, fait que le projectile effectue des battements irréguliers dans sa course et sort du canon non pas suivant son axe, mais suivant la direction du dernier battement. Si les modèles 1822T et 1842 donnent satisfactions au point de vue de la vitesse initiale et de la tension de la trajectoire, on doit déplorer des écarts moyens par rapport au but assez élevés. Arme fruste, la robustesse du fusil d'infanterie est néanmoins très apprécié à la guerre. 

Fusils modèles 1822T et 1853

Fusils modèles 1822T et 1853

Fusils modèles 1857:

Fusils modèles 1857


Le fusil Chassepot: cf. Le fusil Chassepot

Le fusil Remington à rolling block: cf Le fusil remington à rolling block
Armes de poing: Tout comme l'arme d'épaule éponyme, le pistolet modèle 1822 avait une mise à feu à silex. A partir de 1841, ils furent modifiés pour avoir une mise à feu à percusssion, ce qui donna le modèle 1822T, avant de recevoir des rayures, ce qui donna la modèle 1822Tbis.

Pistolet 1822Tbis:

On doit signaler que la marine avait adopté en 1858 le revolver lefaucheux de 12mm, sous le nom de revolver modèle 1858. Casimir Lefaucheux (1802-1852) est un armurier français qui a déposé en 1836 un brevet pour une nouvelle munition, à broche, dans laquelle se trouve pour la première fois réunis la balle, la poudre et l'amorçage. Le revolver Lefaucheux fut la première arme réglementaire à cartouche métallique adoptée par une armée.

Le pistolet 1822Tbis ainsi que les Lefaucheux furent remplacés par le revolver modèle 1873 puis par le revolver modèle 1892.


Mitrailleuse: Le canon à balle de Reyffe, conçu en 1866, est composé d'un cylindre en bronze dans lequel sont placés 25 canons de fusils. À l'arrière se trouve un bloc de 25 cartouches qui sont percutèes progressivement par une manivelle. D'un poids de prés de 700kg, la cadence de tir est de 125 coups par minute pour une portée maximale de 2000m. Comme pour la Gatling américaine, une manivelle met en mouvement les culasses qui assurent la charge et la percussion. Arme mal comprise et mal utilisée, elle n'eût aucun succés lors de la guerre de 70.


Sources: Les armes françaises
Gazette des armes n°86 octobre 1980